But et effets du pranayama

 

 

I. - Quel est le but du Pranayama ?

 Voici ce qui est dit dans les deux textes principaux du yoga :
 Les yoga-sutras de Patanjali (2è siècle après J.C.A) et la Hatha-Yoga Pradipika (1500 après J.C.)

     •    la stabilité du mental :

          « L’expir et la suspension de la respiration produisent la stabilité du mental. »
            Yoga-sutras de Patanjali, Aphorisme I, 34

         « Lorsque le souffle est agité, l’esprit est agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est
            immobile ; le yogin atteint la fixité. C’est pourquoi l’on doit arrêter le souffle et pratiquer le
            pranayama. »
           Hatha-Yoga Pradipika,  II, 2

 

    •    Faire circuler les énergies subtiles :

         « C’est pourquoi, il faut pratiquer le pranayama chaque jour dans un état d’esprit sattvique,
          jusqu’à ce que la susumma nâdi soit nettoyée des impuretés qui l’obstruent. »
          Hatha-Yoga Pradipika,  II, 6

 

II. – Quels sont les effets du pranayama ?

    •    la concentration :

          "Celui qui a maîtrisé le souffle, a du même coup maîtrisé l’esprit. Et celui qui a maîtrisé
           l’esprit, a du même coup maîtrisé le souffle. »
           Hatha Yoga Pradipika, IV,21

         « Et l’esprit devient capable des diverses formes de concentration. »
           Yoga-sutras II ,53

 

   •     Guérir les maladies :

         « Le pranayama correctement exécuté détruit toutes les maladies……. » HY II, 16

         ...…..Pour cela, le pranayama va brûler les toxines :

                   Le corps est considéré comme une chaudière :
                   -  le haut (poumon) : destiné à l'air, c’est le tirage de la respiration,
                   -  le centre : c’est là que brûle le feu de la transformation , de la digestion, du métabolisme.
                   -  Le bas (intestin) : c’est là que se dépose les déchets, les scories.

                L’action de la respiration se subdivise en 2 zones :
                 -  le haut réservé à l’INSPIR : Prana permet à l’énergie de rentrer.
                     L'Inspir favorise la combustion. Elle accentue la flamme.
                 -  le bas destiné à l’EXPIR : apana, c’est le souffle qui va éliminer et évacuer.
                    L’expir va favoriser l’élimination des toxines en les brûlant.

                Les toxines étant brûlées, les énergies subtiles vont mieux circuler, telle la kundalini,
                ce qui va permettre l’éveil de la conscience….......but ultime du pranayama.

 

    •   effet plus subtil du pranayama : l’éveil de la conscience :

        « Avec justesse, on doit chaque fois rejeter l’air, avec justesse l’inspirer, avec justesse le retenir,
         ainsi obtient-on l’accomplissement parfait. »
          Hatha-Yoga Pradipika, II, 18

       « alors ce qui cache la lumière se dissipe ».
         Yoga-sutras de Patanjali, II, 52

       « ……assis en padmasana, on doit maintes fois pousser vers le haut l’apana vayu et pousser vers
          le bas le prana inspiré. Celui qui accomplit ceci atteint par la puissance de la sakti à un éveil
          incomparable. »
         Hatha Yoga Pradipika, I,48

 

Effets physiologiques de la respiration :

Nous venons de voir ce qui est dit dans les textes de l’Inde classique, mais nous retrouvons les
mêmes effets physiologiques au niveau de la science occidentale .

Mettre en place une respiration consciente, lente, ample et régulière aura les effets suivants :

   •   provoquer un massage physiologique :
       les intestins et le foie en sont les principaux bénéficiaires : Le foie est décongestionné et le tube
       digestif (ainsi que la rate, l’estomac et le pancréas) sont massés et tonifiés.

   •  Désencrasser l’organisme :
       La respiration apporte l’oxygène : les poumons et le cœur font office de pompe, ce qui fait circuler
       le sang qui apporte ainsi de l’oxygène pur à nos cellules (qui ont besoin de cela pour vivre).

       Et en retour les cellules déversent leurs déchets (gaz carbonique).
       Ce sont dans les poumons que ces déchets de l’organisme sont brûlés. Ceci évite que des germes se
       développent comme le bacille de KOCH (tuberculose).

  •   Vivifier les anticorps :
       et donc renforcer la résistance de l’organisme aux maladies, à la fatigue, à la nervosité ou à
       l’irritabilité.
       La respiration fait circuler également la lymphe (=liquide riche en lymphocytes ou anticorps
       qui sont stockés dans les ganglions).

 

Effets psychologiques du pranayama

Ainsi une mauvaise respiration induit-elle une mauvaise santé….physique …..mais également 
psychique :

En effet, lorsqu’on est déprimé : on se referme sur soi….et  le corps se replit également sur lui-même
…..souvent le thorax est fermé (repli sur soi)

La respiration ample va libérer le thorax , masser le plexus et donc en libérant le souffle, libérer les
tensions psychiques et corporelles, les émotions, les anxiétés.

Ce massage physiologique permet de dénouer les nœuds émotionnels du corps : l'anxiété, le stress
agit sur les intestins, la digestion, le foie, l'estomac entre autres. La mise en place d'une respiration
consciente, ample, et lente va faire office de massage pour décongestionner tous ces organes.

 

But final du pranayama

Nous avons vu qu'il y a deux façons d'aborder le yoga : à l'occidental ou d'une façon plus traditionelle.
Il en est de même pour le pranayama : Sa pratique  a un intérêt pour chercher à repousser les capacités
respiratoires et techniques du yogin, dans cet allongement à l'infini.

Mais dans une approche traditionnelle indienne, et selon les textes de l'Inde classique, le pranayama
cherche à favoriser un état de méditation pour éveiller la conscience.

Nous avons dit que la pratique première du pranayama est de mettre en application les
Kumbhakas  (ou suspension de souffle).

La Hatha Yoga Pradipika considère ainsi qu’il y a deux sortes de Kumbhaka : II,71

       « On considère qu’il y a deux sortes de Kumbhaka : sahita Kumbhaka (accompagné de recaka
           et de pûraka) et Kevala Kumbhaka (seul, sans recaka ni pûruka). »

Pour Kevala, il s'agit d'une suspension de souffle, où il n’y a plus d’inspir, ni d’expir ;

 

Ce que les Yoga-sutras vont nommer la 4è modalité de la respiration : (Aphorisme II,51)

      « Une quatrième modalité de la respiration dépasse le plan de conscience où l’on distingue inspir
         et expir. »

……………….le souffle est  ainsi suspendu dans une communion avec le subtil

Il s’agit d’une non respiration prolongée, dégagée de la notion du temps, la conscience d’être étant
pleinement éveillée.

Apparaît alors, un ravissement intérieur.

 

La difficulté réside dans le non assujettissement du pranayama au contrôle mental, qui est
l’opposé de cette réalisation.
Il convient de lâcher prise totalement, de réaliser une attitude contemplative à partir du cœur,
Anahata chakra.

 

Toutes les pratiques précédentes doivent permettre de réaliser avec aisance Kevala
Kumbhaka, afin d’atteindre l’éveil de la Kundalini et le niveau du Raja Yoga (qui est
l'éveil de la conscience et l'unité avec l'Absolu).

       « Ce Kumbhaka pur, isolé, c’est lui le véritable pranayama. Lorsque le yogin arrive à réaliser
          le kevala-kumbhaka sans l’accompagner de recaka ni de puruka ……. » H.Y., II, 73

       « ……il n’existe plus rien dans les trois mondes qui lui soit difficile à atteindre. Celui qui est
          capable de maintenir à volonté l’air enfermé grâce à ce kevala-kumbhaka, ……. » H.Y., II,74

       « ……a atteint le niveau du Raja-Yoga, cela ne fait nul doute. C’est par le kumbhaka qu’a lieu
          l’éveil de la kundalini, et lorsque kundalini est évéillée…… . » H.Y., II, 75

       « ……susumna n’est plus obstruée, et le succès en hatha s’ensuit. Sans hatha, il n’y a pas de Raja
          yoga et sans raja-yoga, hatha n’aboutit à aucun résultat. C’est pourquoi l’on doit pratiquer l’un
          et l’autre jusqu’à leur aboutissement final. » H.Y., II, 76

      « A la fin de l’arrêt du souffle au moyen de kumbhaka, l’esprit doit cesser d’avoir aucun support.
          En s’exerçant de cette manière, on parvient au niveau du Raja-Yoga. » H.Y., II,77

 

 

……………….c’est alors l’état de Samadhi.

 

Voir aussi :  "Qu'est-ce que le pranayama ?"

 

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