Philosophie

Joie et spiritualité (11juin2012)

                                                                   

                                                                 Cultiver  la  joie                                                          

Les Assises Nationales du yoga, organisées par la F.N.E.Y, se sont tenues cette année à Reims du 17
au  20 mai. Le thème proposé était "Cultiver la Joie".

La joie "ananda" se révèle lorsqu'on atteint l'état de conscience absolue, Purusha. Cet état est
considéré comme un état de félicité car délivré des émotions de l'égo :  c'est "Kaivalaya", la délivrance
des turpitudes du samsara.

Isabelle Morin-Larbey, Présidente de la FNEY, a été interwiewée par le magazine "La Vie", en avril 2012.
Son explication concernant la Joie et la Spiritualité du Yoga est claire et lumineuse. Je ne peux résister
à vous en livrer quelques extraits.

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Magazine "La vie" : le yoga est souvent associé au détachement. Alors pourquoi
la
Joie ?

Isabelle Morin-Larbey :
Celui qui n'a jamais pratiqué peut avoir cette image du détachement qui frise l'indifférence. Et
pourtant, quand vous observez les statues de Bouddha, celui-ci arbore un léger sourire. Le Yogi
n'est pas un être placide ou neutre. Mais sa félicité est d'abord la marque d'un état d'ouverture,
d'un travail de transformation intérieure.  La joie qu'on appelle "ananda" n'est pas béate, car elle
cohabite avec la souffrance. Tout le travail du yoga est alors de nous aider à comprendre et à
traverser les causes de la souffrance qui sont multiples dans nos existences : tels la peur ou les
attachements passionnels, afin de refaire circuler la vie qui est en nous.


Mag. "La vie" : Comment cela se traduit-il dans la pratique?

Isabelle Morin-Larbey :
Le yoga permet de retrouver une fluidité des mouvements, des articulations, de la respiration. Il
développe nos sens, nous met à l'écoute de nos sensations, grâce au mouvement et à l'attention
qu'on y porte. Cette pratique élargit la conscience de soi.......... [....]..Peu à peu, je vais mieux me
connaître et mieux m'appuyer sur mes capacités physiques. Quand le corps se délie, que la
respiration circule, je peux gagner en confiance. ......[....]...Tranquillement posé dans mon corps,
je m'ouvre au monde et , de ce sentiment de liberté retrouvée, peut naître la joie.....[....].....


Mag. "La vie" : le yoga peut-il être séparé de la spiritualité hindouiste qui
l'a porté ?

Isabelle Morin-Larbey :
L'hindouisme propose six points de vue sur le monde, six systèmes philosophiques, les darshanas,
et le yoga est l'un de ces points de vue. Il ne peut donc être tronqué de ce système de pensée.
Cela dit, ce n'est pas une religion, mais une philosophie d'Etre, une sagesse. Qui dit sagesse, dit
questionnement. Et ce questionnement peut traverser vos convictions intérieures, quelles qu'
elles soient.


Mag. "La vie" : Les chrétiens se demandent si le yoga est compatible avec
leur foi ?

Isabelle Morin-Larbey :
Etre à l'écoute de la respiration qui me traverse, c'est prendre conscience de ce souffle créateur
qui me sculpte et que je laisse oeuvrer en moi. Le Chrétien pourra y voir la rencontre du Dieu
créateur. De même, en partant du corps, le yoga me fait toucher du doigt que l'incarnation est
le lieu de l'expérience. Dieu, par le Christ,  son fils, s'est incarné dans un corps d' homme.  Le
yoga, en me réconciliant avec mon corps, me parle de ce temple intérieur où le divin vient à ma
rencontre. Il me permet d'explorer les grandes attitudes spirituelles et de les vivre.


ma-ananda-moyi-la-joie.jpg
                                                Photo de Ma Anandamoyi  rayonnante et sublimée par la joie....ananda


ECOUTEZ  Aussi  l'émission audio de Frédéric Lenoir sur France Culture (25.09.2011)
                         le thème  : "le yoga comme voie spirituelle"  cliquez  ICI





La légende des deux oiseaux

Je viens d'ajouter une Upanishad dans la catégorie des "textes sacrés" : "la Mundaka Upanishad". Cliquez ICI pour y accéder.
Je n'en parle pas dans son entier, mais simplement en ce qui concerne la parabole des deux oiseaux.

Si vous désirez la découvrir dans son intégralité, allez voir ce très bon site "les 108 Upanishads" dont la référence est en '"Lien", et que je vous redonne ici :
http://www.les-108-upanishads.ch

Et dans ce blog, je vous la livre d'une façon plus imagée, racontée par Vivekananda, grand sage hindou.

 

 

 

                                                                                        La légende des deux oiseaux

 Sur le même arbre se trouvent deux oiseaux, l’un perché tout en haut, l’autre en bas dans les branches. Celui qui est en haut est calme et silencieux, resplendissant d’un merveilleux plumage aux reflets d’or.

Celui d’en bas mange tour à tour les fruits aux brillantes couleurs, soit amers, soit sucrés. Il saute de branche en branche, tantôt heureux, tantôt malheureux.

Lorsqu’il goûte un fruit particulièrement amer, il est très déçu et inconsciemment son regard s’élève vers le faîte de l’arbre où l’éblouissant oiseau ne bouge ni ne mange.

L’oiseau du bas envie cette paix, mais se remet à manger des fruits et oublie l’oiseau du sommet, jusqu’au jour où un fruit vraiment trop amer le fait sombrer dans le désespoir.

Alors de nouveau il lève les yeux, et dans un effort il parvient tout près de l’oiseau magnifique.

Les reflets dorés de son plumage l’enveloppe lui-même dans un flot de lumière, le pénètrent et le dissolvent en une brume diaphane.

Il se sent fondre et disparaître..............…

En fait, il n’y a toujours eu qu’un seul oiseau, celui du bas n’était que le reflet, le rêve de celui du haut.

Les fruits doux et amers qu’il mangeait, ces joies et ces peines qu’il a vécues tour à tour, n’étaient que vaines chimères. Le seul oiseau véritable est toujours là, au faite de l’arbre de la Vie, calme et silencieux.

Il est l’Âme humaine au-delà des bonheurs et des peines.

Légende tirée de la "Mundaka Upanishad",  racontée par Vivekananda.

 

Source de l'image : www.apaoc.fr - Aquarelle de superM